Le rôle de l'avocat-médiateur en matière familiale

Le droit de la famille est un domaine en constante évolution. En effet, il s’agit d’une matière étroitement liée aux changements de société.

Au fil du temps, la famille a évolué. Le droit et les Juges se sont adaptés. Les avocats également, afin d’être au plus près de la réalité de ce que vivent les personnes qui les contactent pour bénéficier de leur expertise.

L’amiable fait désormais partie du quotidien de la matière familiale, et c’est une très bonne chose. En effet, l’intérêt de l’enfant d’être préservé autant que faire se peut du conflit, qui peut exister au moment d’une séparation entre ses parents, doit être recherché.

Parfois, ce n’est malheureusement pas possible. Parfois, le contentieux est inévitable parce que le conflit va souvent de pair avec le changement et dans certaines situations il s’agit de privilégier avant tout la protection des personnes. On ne peut faire de concession quant à la sécurité des enfants et des adultes.

Mais l’avocat se doit aussi, avec le recul que lui permet l’expérience, de ne pas lui-même créer du conflit lorsqu’il n’a pas lieu d’être. C’est ainsi pour ma part que j’aborde ce métier passionnant : au plus près de l’humain. Mon objectif est de défendre avec conviction l’intérêt de mes clients en fonction de leurs besoins.

Les avocats-médiateurs, dont je fais partie, sont référencés par le Centre National de Médiation des Avocats. Ils ont adjoints à leurs compétences d’avocat, une formation sérieuse et approfondie de médiation de plus de 200 heures et s’engagent dans une démarche de formation continue d’au moins 20 heures par an.

Cette « double-casquette » permet d’aborder la matière familiale dans sa globalité : ses aspects juridiques et ses aspects humains.

Le conflit peut être regardé comme une entité avec une dynamique propre. Mon expérience conjuguée d’avocat de la famille et de médiateur, me permet de voir quotidiennement combien les personnes en conflit peuvent se sentir démunies, comme happées dans un cercle vicieux, dont elles ne savent pas comment se libérer si l’autre parent n’amène pas lui-même du changement.

La médiation nous apprend que chacun dispose de ressources pour prendre à bras le corps ces difficultés et l’aide d’un tiers est souvent déterminante pour accompagner les personnes en difficulté de communication. Car le tiers est une personne extérieure au conflit. Il vient apporter son écoute empathique de la même manière à toutes les personnes qui viennent le rencontrer et propose un cadre permettant la reprise du dialogue dans de meilleures conditions.

L’avocat quant à lui défend les intérêts de son client. Il va prendre parti pour son client. Médiateur et avocat sont deux postures totalement différentes et il ne m’est pas possible d’intervenir comme médiateur dans un dossier où je suis déjà intervenue comme avocat et vice-versa. Mais lorsque j’interviens comme avocat, mon expérience de médiateur me permet d’écouter avec plus de justesse la réalité de ce qui est vécu par la personne qui me consulte et de construire avec elle une stratégie de défense conforme à ses besoins.

L’avocat-médiateur est en mesure de conseiller son client à la fois sur le plan juridique et en termes de communication de crise. Il est également formé à la négociation raisonnée. La négociation raisonnée, inventée par de célèbres professeurs d’Harvard aux Etats-Unis (Fisher et Ury) n’envisage pas le règlement des différends sous la forme d’une épreuve de force, comportant un vainqueur et un vaincu. En effet, le risque avec ce type de rapports de force est que de nouveaux conflits se créent à l’avenir. La négociation raisonnée permet de mettre en lumière les besoins de chacun et d’adapter leur stratégie pour rechercher des solutions et des accords qui conviennent à tous.

Cette « double casquette » d’avocat-médiateur est également particulièrement précieuse pour conduire une procédure participative. Cette procédure est en effet à l’image des avocats et des parties qui la mettent en œuvre. Elle consiste en une succession d’actes d’avocats qui vont déterminer ce sur quoi vous souhaitez discuter, les délais dans lequel vous souhaitez le faire, les pièces et documents que vous avez besoin d’échanger et l’argumentation que vous souhaitez mettre en avant. Dans ce cadre, vous n’êtes plus tributaires des délais judiciaires et adaptez votre procédure familiale au plus près de vos besoins.

Il n’est pas bon d’attiser le conflit familial qui va ressurgir d’une manière ou d’une autre sur les enfants et peser sur le quotidien des adultes. Le cabinet privilégie donc toujours la voie amiable lorsque c’est possible. N’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignements.

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